Vers une traçabilité obligatoire des palettes ?
La
traçabilité des marchandises par un système d'étiquettes RFID (Radio Frequency
IDentification Technology) connaît un véritable élan dans le monde professionnel
américain. Un engouement initié par Wal-Mart, rapidement partagé par le Gouvernement
Fédéral des Etats Unis, qui imposent à leurs fournisseurs de mettre en application
ce système à partir de janvier 2005. Une telle opération nécessite un investissement
très important et pose quelques problèmes techniques pas toujours résolus. Mais
une chose est certaine : les étiquettes seront présentes sur les expéditions de
marchandises d'ici deux ans.
Le Département de la Défense américaine
demande à tous ses fournisseurs d'utiliser les marquages RFID sur les marchandises
et les palettes à partir de janvier 2005, pour l'ensemble des achats de l'armée
US. Ce système présente un intérêt multiple: il permet de "tracer" la marchandise
et les palettes, en utilisant des transmetteurs radio basse fréquence qui lisent
l'information contenue par le chargement équipé d'une antenne. Autre avantage
: un lecteur RFID portable installé dans une zone de combat peut donner au commandement
une meilleure "visibilité" sur l'ensemble des fournitures entreposées au loin:
il est alors plus facile de localiser dans quel entrepôt le produit recherché
est stocké.
Le Département de la Défense n'est pas le premier à imposer
le marquage RFID: Wal-Mart a également demandé à ses 100 fournisseurs principaux
d'utiliser ce système sur les palettes et les marchandises, à compter de janvier
2005. Cette obligation s'étendra à l'ensemble des fournisseurs à partir de 2006.
Pour Wal-Mart, la technique du RFID permettrait d'améliorer la gestion des inventaires,
et d'éviter la marge d'erreur liée aux interventions manuelles.
Ce système
de traçabilité par étiquettes pose quelques problèmes encore non résolus à ce
jour. "Une chaîne d'approvisionnement ne bénéficie pas des mêmes conditions idéales
qu'un laboratoire" rappellent les analystes. Les containers de marchandises seront
soumis à des conditions climatiques parfois très difficiles: la neige, le vent,
la pluie, la chaleur, l'humidité ambiante. Des tests doivent être effectués pour
prendre en compte l'ensemble de ces paramètres. Egalement, s'il est aisé de lire
les étiquettes RFID sur les palettes extérieures, identifier les containers au
centre du chargement pose un réel problème. Enfin, plusieurs matériaux pourraient
être empilés sur une même palette et interférer avec les signaux radio. Il est
par exemple particulièrement difficile de transmettre un signal radio à travers
les liquides et le métal. On tente alors d'éviter cet inconvénient en excluant
ces produits du champ d'application du RFID. Les étiquettes doivent donc être
testées et vérifiées dans une multitude de conditions, en présence, par exemple,
d'une interférence électrique générée par des chariots élévateurs ou des convoyeurs.
De tous ces inconvénients, le problème majeur reste le coût de l'opération.
Si le Département de la Défense souhaite que le prix de ces étiquettes soit le
plus bas possible, le coût des infrastructures reste très élevé pour ses 23 642
fournisseurs. Pour un seul entrepôt, les lecteurs RFID et les infrastructures
peuvent s'élever à 100 000 dollars, sans compter que les fournisseurs devront
intégrer le RFID dans leur propre système d'information. S'il est difficile d'évaluer
le coût global de cette opération, les spécialistes l'estiment à des dizaines
voire des centaines de millions de dollars. Si le Département de la Défense est
capable d'injecter les fonds nécessaires pour franchir les obstacles techniques,
il semble peu probable que les fournisseurs de biens de consommation puissent
suivre la cadence d'ici 2005. Wal-Mart ne dispose pas non plus du même budget.
Connu pour ses prix bas, Wal-Mart doit maintenir le prix d'une étiquette RFID
à environ 0.05 dollars. Un prix nettement inférieur à celui dépensé par l'armée
US lors de la Guerre du Golfe, qui s'élevait à l'époque à 100 dollars pièce.
Par
ailleurs, le Pentagone a affirmé la semaine dernière que les étiquettes RFID à
usage militaire devaient répondre à des normes spécifiques. De son côté, Wal-Mart
souhaite adopter un système électronique adapté aux produits. L'utilisation de
différents modèles pourrait engendrer des coûts plus élevés. Il sera alors difficile
de chercher à réduire le coût des étiquettes RFID, comme il serait possible de
le faire si Wal-Mart et la Défense s'entendaient sur un modèle unique.
Traduit
de l'anglais par Marie GIFFO - Planetpal.net
Sources :
DOD
Details its RFID Plans eWeek ... Our current use of active tags is
usually on large or valuable pieces of equipment or consolidated shipments-that
is ocean containers or air pallets," Coyle ... http://www.eweek.com/article2/0,4149,1367001,00.asp
FEDS, Wal-Mart Drive RFID Adoption eWeek ... of Defense
last week instituted a policy to require its suppliers to install radio frequency
identification (RFID) tags on individual parts and pallets by 2005 ... http://www.eweek.com/article2/0,4149,1365559,00.asp
RFID users differ on standards ComputerWorld ... standards
could result in higher costs for companies that have to meet mandates from both
Wal-Mart and the DOD to start putting RFID tags on shipping pallets ... http://www.computerworld.com/softwaretopics/erp/story/0,10801,86486,00.html
DEFENSE Department drafts RFID policy ZDNet.com ... requires
that by January 2005 all suppliers embed passive RFID chips in each individual
product if possible, or otherwise at the level of cases or pallets. ... http://zdnet.com.com/2100-1104_2-5097050.html
|