CHEP VOUDRAIT TRAVAILLER AVEC LES RECYCLEURS Depuis
que CHEP s'est introduit dans le marché américain dans les années
1990, il est devenu sans conteste le leader de la location de palettes.
Ses relations avec le monde des recycleurs et des palettes "blanches"
(par opposition aux palettes de location qui sont de couleur) ont parfois été
tendues et lors du dernier meeting de l'association des fabricants et recycleurs
de palettes NWPCA CHEP a proposé d'établir des relations plus sereines
et de jouer carte sur table avec les recycleurs. Il ne faut pas
oublier que si CHEP possède 70 millions de palettes qu'il met en location,
il récupère chaque année 42 millions de palettes "blanches"
provenant des parcs de ses nouveaux clients qu'il doit chaque année remettre
sur le marché, ce qui en fait le plus important négociant de palettes
recyclées. Or, ces palettes sont mal exploitées
et CHEP voudrait organiser des partenariats "gagnant gagnant" avec les recycleurs. Dans
les mois passés, CHEP demandait aux recycleurs de lui rendre gratuitement
les "palettes bleues" sans apporter aucune rémunération. Cependant,
depuis l'été dernier il avait commencé à rembourser
les recycleurs pour leurs coûts de récupération, de stockage
et de transport des palettes marquées "CHEP".
CHEP
avait passé un accord avec plus de 700 recycleurs américains qui
avaient accepté le programme "Asset Recovery Program". Certains cependant
avaient refusé de rejoindre ce programme car soit ils désiraient
être plus payé soit ils n'étaient pas d'accord avec les termes
de cet engagement.
Un nouveau programme a été
lancé par CHEP à partir du 15 avril dernier pour remplacer le premier
contrat: Dans ce nouveau programme, CHEP accepte de payer aux recycleurs 50
% de plus et de payer: - 1,25 $ par palette si CHEP fait le transport. -
Si le recycleur rend la palette lui-même à CHEP, il pourra toucher
- 2,25 $ s'il est situé à moins de 200 miles (320 kms) et
- 3 $ s'il est à plus de 200 miles et ce, à 10 jours de réception
de facture.
Ce nouveau contrat est ouvert à n'importe
qui, y compris aux sociétés qui travaillent avec CHEP dans la mesure
où elles peuvent séparer aussi bien physiquement que comptablement
les palettes faisant partie du contrat des autres palettes récupérées.
Ce
nouveau programme a été développé après la
rencontre avec M. MacAdow, président de Buckeye Diamond Logistics, OHIO.
M.MacAdow est la personne qui a mené le combat juridique pour
défendre les droits des recycleurs en poursuivant en justice
CHEP et en lui contestant la propriété des palettes marquées
CHEP qui ont été soit perdues soit abandonnées.
L'implication de M. MacAdow a été importante dans le processus
de négociation. Il a dit, "j'ai rencontré CHEP et
parlé de cette proposition. C'est un mouvement positif dans la
bonne direction et c'est ce que CHEP aurait dû faire depuis le
début. Cependant, la nouvelle proposition ne parle pas du tout
du problème de la propriété... Alors que l'affaire
Buckeye court toujours et est en bonne voie."
Il y a deux points importants dans la résolution des problèmes avec
CHEP : les problèmes de la propriété de palettes et les problèmes
de prix à payer pour la récupération.
Avec ce nouveau programme, le problème du prix aura peut-être
disparu. Cela pourrait dépendre du prix éventuel que les
recycleurs devront payer pour récupérer les palettes marquées
CHEP.
Mais
le problème de la propriété n'est pas résolu.
L'affaire
Buckeye relance le problème de la propriété
Malgré
des rencontres de haut-niveau, l'affaire Buckeye traine toujours. Ce litige pourrait
avoir un impact sur les relations entre CHEP et les recycleurs, surtout si la
cour rend son verdict sur la propriété des palettes bleues perdues.
Le dossier monté par Buckeye contre CHEP couvre des problèmes
comme les pratiques commerciales inéquitables et la propriété
après abandon qui peuvent amener des compensations pour les recycleurs.
L'issue de cette affaire pourrait ne pas affecter seulement Buckeye. Cela pourrait
amener des poursuites dans 4 Etats (Ohio, Tennessee, Kentucky et Michigan) et
faire jurisprudence pour d'autres poursuites judiciaires dans le pays.
Buckeye a engagé les meilleurs avocats et dit avoir un dossier solide.
Un porte-parole de CHEP a dit, "nous sommes confiants, car notre programme
peut prévaloir dans le litige nous opposant à Buckeye, voire dans
tous les litiges concernant la propriété de nos palettes."
Les deux partis clament qu'ils vont gagner, ce qui est normal.
Beaucoup
de personnes dans l'industrie croient que Buckeye a de bonnes chances de gagner
au moins sur certains points. Cependant, les chances de CHEP ne devraient pas
être sous-estimées dû au fait qu'il possède un bon carnet
d'adresses et de bonnes ressources légales.
Buckeye
pourrait prendre de la distance sur CHEP, spécialement si d'autres sociétés
supportent son recours.
Dave Rogers, ancien directeur de production
chez CHEP, a commenté, "je pense que Sam MacAdow (Buckeye) va gagner
son affaire, et dès que cela arrivera, ce sera le début de la fin
du système de prix de location de CHEP. Les coûts de location vont
augmenter, ce qui mettra les palettes bleues au même niveau que les palettes
blanches."
Un fond de soutien à Buckeye a été
mis en place pour ceux qui voudraient rejoindre la bataille judiciaire. Le président
de Buckeye a garanti que les participants ayant fourni de l'argent pour cette
affaire seraient impliqués dans le processus de décision.
Quel est le prix équitable ?
Même si CHEP a augmenté
son offre de prix et enlevé les conditions qui rebuteraient beaucoup de
recycleurs, il reste à voir combien de palettes bleues vont revenir dans
le réseau CHEP. Tout est une question de prix. Gordon Kirsch a dit, "nous
n'essayons pas d'obtenir quelque chose pour rien". Les
dirigeants de CHEP ont annoncé leur volonté de payer un prix équitable.
Bien sûr, l'interprétation du mot "équitable" dépend
des points de vue : * Les dirigeants de CHEP ne veulent pas surpayer le retour
des palettes marquées CHEP, ce qui encouragerait le vol de palette.
* D'autre part, les recycleurs ne veulent pas juste "couvrir les frais".
Ils veulent gagner normalement leur vie. Bien que CHEP annonce que le programme
de retour de palette fonctionne bien, leur présence à la conférence
du NWPCA montre qu'on peut toujours s'améliorer.
Le
problème majeur de CHEP est que les recycleurs peuvent revendre ses palettes
bleues plus cher aux clients de CHEP qui ont perdus des palettes qu'à CHEP
lui même. Cela rend le système problématique.
La
mise en place de nouveaux prix suffira-t-elle ? - Cela pourra être
attractif pour certains recycleurs, surtout pour ceux qui possèdent un
gros stock de palettes bleues. - Certaines entreprises n'adhéreront
jamais pour des questions de principes. - D'autres sont très heureuses
de voir enfin ces palettes bleues se transformer en argent.
Changer
de cap
Jusqu'à récemment, CHEP exigeait pour rémunérer
les recycleurs de leur retour de palettes que ceux-ci reconnaissent explicitement
que la propriété des palettes bleues revenait uniquement à
CHEP, qu'elles soient ou non dans le système de location y compris les
palettes perdues. Mais dans son dernier programme, CHEP a enlevé tous
les termes et conditions concernant ce point de ces contrats. La nouvelle approche
de CHEP indique que quelque chose a changé dans l'esprit de l'entreprise. Ce
revirement d'attitude est spécialement intéressant si l'on considère
que CHEP a récemment cessé toutes négociations avec certains
recycleurs du fait des problèmes de propriété, ce qui pourrait
rendre curieux le fait que CHEP a soudain changé de position.
CHEP prétend que son nouveau programme a émergé
des discussions avec les recycleurs. Comme la demande de palettes augmente
en printemps et en été, CHEP aura besoin de plus de palettes
bleues. Et il est certain que c'est moins cher de les récupérer
que d'en fabriquer d'autres.
Brambles,
la société mère de CHEP, a connu des problèmes au
niveau de ses actions l'année dernière. Elles sont descendues à
3,81 $ dans le 1er quart de 2003. Les actions de Brambles ont chuté car
l'entreprise a annoncé des bénéfices plus faibles que ceux
espérés. En se centralisant sur l'amélioration des revenus
de CHEP, Brambles cherche probablement à compenser les problèmes
en Europe en améliorant sa rentabilité autant que possible aux USA
et dans d'autres régions du monde. Cependant, payer les recycleurs pour
leurs services ne sera pas bon marché non plus.
Un
autre facteur pourrait être l'action en justice de Buckeye. Alors que l'audience
approche, CHEP voudrait sans doute montrer à la cour qu'il a réalisé
un effort digne de sa bonne foi pour travailler avec l'industrie de la palette. Sans
tenir compte de cette raison, le nouveau programme de CHEP marque un changement
radical dans la philosophie de l'entreprise. Même si les changements
seront les bienvenus pour de nombreuses entreprises de l'industrie, l'insistance
de CHEP pourrait cependant rebuter quelques recycleurs.
La proposition des palettes "blanches" de CHEP
CHEP reçoit
chaque année des millions de palettes "blanches" en raison de ses programmes
de palettes avec les magasins Walmart, Home Depot et Sams Club. CHEP possède
ces palettes et voudrait leur trouver une utilisation plus bénéfique.
Jusqu'à aujourd'hui, la plupart des palettes "blanches" venant de Walmart
était vendues directement à Propak. Selon certaines sources, une
grosse quantité de ces palettes était vendue à un prix relativement
faible, ce qui a entrainé une baisse des prix. Actuellement, CHEP n'a pas
d'accord spécifique avec une tierce partie qui interdirait de vendre ces
palettes usées à un prix plus haut.
"Nous nous
intéressons aux palettes "blanches" presque par accident," a déclaré
Gordon de la direction de CHEP. "Nous n'avons pas été efficaces
dans la commercialisation de ces palettes dans le passé."
CHEP
veut améliorer la gestion des palettes "blanches" en passant un contrat
avec une entreprise importante dans chaque région pouvant faire face à
de grands volumes de palettes.
En plus de mettre ses palettes
"blanches" sur le marché, CHEP voudrait que ces "partenaires" essaient
de récupérer chez les recycleurs de leur région les palettes
marquées "CHEP" perdues. Cela risque de s'avérer difficile étant
donné le problème de la concurrence. Don Black, le président
de CORE, a déclaré "Prendre un "gros gars" pour une zone géographique
précise divisera les recycleurs et aliénera les petits qui ressentent
déjà cela comme une tentative pour les faire sortir du circuit.
La palette locale "czar" (tzar) est un concurrent formidable."
Le
challenge de CORE
Le Conseil de Recyclage CORE a tenu son premier
forum public lors de la conférence des dirigeants de NWPCA.
Dès le début, le président de CORE a précisé
que son objectif était de préserver le libre échange
du marché de la palette "blanche".
Lorsqu'il a abordé les relations de CORE avec NWPCA, Don a dit
"Nous n'essayons pas de reproduire la fonction de NWPCA.. Nous avons
l'intention de l'augmenter".
CORE a pour objectif de développer certaines actions
que NWPCA ne peut pas pratiquer du fait des intérêts partagés
de ses membres. CORE envisage de protéger l'intérêt
de ses membres par tous moyens, commerciaux, légaux et politiques.
De nombreuses personnes sont venues à la réunion de CORE pour chercher
des précisions. Cependant, ces dernières ont eu tendance à
partir avec plus de questions que de réponses. La direction de CORE
a décidé de limiter ce qu'elle divulguerait publiquement pour des
raisons légales. CORE se retrouve dans une situation difficile puisqu'il
ne veut pas révéler sa stratégie mais il a besoin de justifier
les raisons pour lesquelles une entreprise de palettes devrait les rejoindre.
De
nombreuses personnes dans le public ont été stupéfiées
de découvrir que CORE n'a pas joué de rôle actif dans un des
procès contre CHEP, y compris dans l'affaire Buckeye. Un participant a
posé une question particulièrement pertinente lorsqu'il a voulu
savoir ce que CORE faisait pour atteindre son but comme il ne s'était impliqué
dans aucun litige.
Selon CORE, les avantages à adhérer
sont l'information fournie par les affaires légales, les téléconférences,
les sites web privés et la structure pour unifier les recycleurs indépendants
contre ce que CORE déclare être des pratiques commerciales injustes.
CORE envisage de mener des actions, y compris judiciaires, pour servir sa
cause. Il développera du matériel de défense commerciale
visant à informer les utilisateurs d'emballage sur les avantages du marché
de la palette "blanche". Don a déclaré : "Ce n'est pas une opposition
à CHEP... Nous essayons juste de niveler le terrain de jeu."
CORE
a ouvert ses adhésions aux recycleurs, aux fabricants et aux fournisseurs.
Les droits s'élèvent entre 600 $ et 1200 $ par an.
Prendre position dans des temps incertains
Les gens veulent connaître
le vrai CHEP : - La direction de CHEP a t-elle vraiment tourné une
nouvelle page ? - CHEP est-il le tyran des entreprises décrit par les
critiques ou le gentil ? Certains des dirigeants de CHEP ont changé
au cours de ces deux dernières années. Victor Mendes a été
engagé comme CEO de CHEP International l'année dernière après
le départ de Bob Moore. Sous Mendes, les relations entre les recycleurs
et CHEP se sont améliorées. Cependant, de nombreuses personnes pensent
qu'il reste encore beaucoup à faire. Cela nous amène à nous
demander si les problèmes du passé peuvent être liés
à l'ancienne direction. Etant donné toutes les
incertitudes avoisinant CHEP : - Qu'est ce qu'une entreprise de palettes
doit faire ?
- CHEP est-elle une option viable pour une nouvelle entreprise ?
- CORE aura t-il vraiment un impact ?
- Comment les problèmes judiciaires sur la propriété
des palettes, surtout des palettes CHEP, agiront-ils sur le marché
?
De nombreuses entreprises ont obtenu un bénéfice correct
en fabriquant des palettes ou en faisant fonctionner leurs dépôts
pour CHEP. En conséquence, CHEP a été bien pour
des entreprises dans certains cas. Chaque entreprise doit décider
ce qui donne du sens aux affaires pour son succès sur le long
terme.
Résumé de l'article de Chaille
Brindley, paru dans "Pallet entreprise" de Mai 2003. Traduit de l'américain
par Jérémy Gilbert. |