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LE SCOLYTE DU BOIS (Source : Wikipedia)

Dans le cadre de la norme NIMP15, nous présentons ci-dessous le scolyte dont on a constaté les ravages aux Etats Unis (voir article du 15 janvier 2008) . Ce qu'il y a de particulièrement remarquable est que le scolyte "sème" un champignon dévastateur, le Mycangium, dont il se nourrit. Cette conjonction augmente la destruction des plantes.

Cet insecte provient d'Asie ou il ne fait pas de ravages trop importants puisqu'il ne s'attaque qu'aux arbres très malades ou morts, ce qui prouve qu'en Asie les arbres sains savent développer des tanins empêchant la pullulation des insectes et des champignons alors que les arbres Américains ne connaissant pas ces espèces, n'ont pas eu le temps de développer les tanins protecteurs.

Scolytes
Bostryche typographe (Ips typographus)
Bostryche typographe (Ips typographus)
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Hexapoda
Classe Insecta
Sous-classe Pterygota
Infraclasse Neoptera
Superordre Endopterygota
Ordre Coleoptera
Sous-ordre Polyphaga
Infra-ordre Cucujiformia
Super-famille Curculionoidea
Famille Curculionidae
Sous-famille
Dendroctonus ponderosae
Scolytus scolytus 1 meyers 1888
Scolytus scolytus 1 meyers 1888
1re phase : des arbres malades, morts ou gravement stressés par la déshydratation (ici des Pinus contorta)  sont attaqués par des défoliateurs, puis par des scolytes
1re phase : des arbres malades, morts ou gravement stressés par la déshydratation (ici des Pinus contorta) sont attaqués par des défoliateurs, puis par des scolytes
Seconde phase : Les arbres attaqués par les scolytes (souvent groupés) perdent leur écorce. D'autres espèces de scolytes ou d'insectes xylophages peuvent creuser plus profondément le bois, favorisant la pénétration de champignons qui le dégradent plus rapidement (Certains scolytes ne consomment que le bois d'arbres tombés)
Seconde phase : Les arbres attaqués par les scolytes (souvent groupés) perdent leur écorce. D'autres espèces de scolytes ou d'insectes xylophages peuvent creuser plus profondément le bois, favorisant la pénétration de champignons qui le dégradent plus rapidement (Certains scolytes ne consomment que le bois d'arbres tombés)
Dans les régions à sol pauvre et acide, touchées par des sécheresses ou les pluies acides et la pollution, et dans des peuplements monospécifiques plantés, les dégâts sont souvent plus importants
Dans les régions à sol pauvre et acide, touchées par des sécheresses ou les pluies acides et la pollution, et dans des peuplements monospécifiques plantés, les dégâts sont souvent plus importants
Certaines espèces pénètrent plus profondément le bois mort, avec leur champignon symbiote, accélérant la décomposition du bois
Certaines espèces pénètrent plus profondément le bois mort, avec leur champignon symbiote, accélérant la décomposition du bois
Une phase de régénération naturelle suit la mort groupée des arbres, laquelle a levé la dormance des graines accumulées dans le sol. (Ici en Bretagne en France), Presqu'île de Crozon, dans un ancien boisement de pin qui a fortement souffert des sécheresses successives de 1988 1989, 1990, 1991 et 1992)
Une phase de régénération naturelle suit la mort groupée des arbres, laquelle a levé la dormance des graines accumulées dans le sol. (Ici en Bretagne en France), Presqu'île de Crozon, dans un ancien boisement de pin qui a fortement souffert des sécheresses successives de 1988 1989, 1990, 1991 et 1992)
Cette parcelle de monoculture de de pins a commencé à dépérir après la sécheresse de 1976. Lors de sa régénération, des châtaigniers et chênes indigènes réapparaissent spontanément, peut-être plus adaptés au contexte édaphique. (Presqu'île de Crozon, France).
Cette parcelle de monoculture de de pins a commencé à dépérir après la sécheresse de 1976. Lors de sa régénération, des châtaigniers et chênes indigènes réapparaissent spontanément, peut-être plus adaptés au contexte édaphique. (Presqu'île de Crozon, France).
Un variant exceptionnellement pathogène d'un champignon transporté par des scolytes a décimé les ormes à plusieurs reprises dans l'hémisphère nord
Un variant exceptionnellement pathogène d'un champignon transporté par des scolytes a décimé les ormes à plusieurs reprises dans l'hémisphère nord
Un des modes de lutte est la coupe accélérée du bois attaqué, mais il perd parfois de sa valeur, et la coupe rase à grande échelle est un nouveau stress pour l'écosystème forestier (ici en forêt de Bohème (Europe centrale)
Un des modes de lutte est la coupe accélérée du bois attaqué, mais il perd parfois de sa valeur, et la coupe rase à grande échelle est un nouveau stress pour l'écosystème forestier (ici en forêt de Bohème (Europe centrale)
Traces de galeries, avec quelques trous de sortie
Traces de galeries, avec quelques trous de sortie

Les scolytes sont de petits insectes xylophages de l'ordre des coléoptères. Ils constituent une grande famille d'insectes dits « ravageurs », les scolytidés (Scolytidae).

Leur corps de 2 à 5 mm est cylindrique et court, de couleur brun foncé à rougeâtre et recouvert par les élytres qui protègent leurs ailes. Leur nom vient du grec skôlêx, « ver ».

Certaines espèces de scolyte (ex : Dendroctonus ponderosae) sont à l'état adulte attirées par certaines hormones de stress (phytohormones) émises par des arbres malades ou déshydratés, les autres le sont par l'odeur du bois mort.

Comme beaucoup d'insectes saproxylophagesou xylophages (fourmis ou termites..), le scolyte ne peut directement digérer la lignine et la cellulose. Il emporte avec lui, de l'arbre où il est né, une provision de spores et/ou de mycélium d'un champignon symbiote, dans un organe spécial, le Mycangium situé dans une invagination de la cuticule (trous ou sortes de poches dans la cuticule) souvent garnie de glandes qui semblent nourrir et/ou préserver les spores ou fragments de mycelium. Des spores de champignons peuvent être aussi captés, transportés et inoculés grâce aux les poils microscopiques qui garnissent la carapace et les pattes du scolyte. Ce champignon-symbiote attaquera la lignine et la cellulose et c'est le champignon ou des fibres prédigérées par le champignon que la larve du scolyte consommera. Certaines espèces de scolytes (ex : Dendroctonus frontalis) n'ont pas de Mycangium, mais elles transportent sur leur corps des acariens (autre symbiose) qui eux possèdent une sorte de mycangium (qu'on appelle sporothèque chez les acariens pour des raisons historiques de vocabulaire taxonomique).

Dégâts

En temps normal, le scolyte joue un rôle utile pour la régénération forestière. Dans un cas particulier, des scolytes ont colporté d'orme en orme un nouveau variant - extrêmement phytopathogène - du champignon Ophiostoma ulmi ; ce champignon ayant peut-être été favorisé par la forte sécheresse de 1975-1976 et par l'homogénéité génétique des ormes d'alignement et du bocage.

Un arbre en bonne santé dispose pour se défendre d'une batterie de molécules naturellement insecticides, bactéricides et fongicides et de défenses physiques (lignine dure, capacité à immobiliser, engluer et noyer dans la sève ou de la résine tout insecte s'introduisant ou se développant dans la partie superficielle de son tronc). Ce n'est plus le cas chez un arbre fendu, blessé ou déshydraté.

Des successions de canicules ou d'étés chauds et secs suivant des hivers anormalement doux semblent avoir favorisé - dans tout l'hémisphère nord - des pullulations de défoliateurs et de scolytes, que les monocultures équiennes de résineux semblent aussi favoriser.

Après les grandes tempêtes ou après une sécheresse anormalement longue et/ou importante, le scolyte peut se reproduire massivement sur les chablis, les arbre déshydratés, mutilés, blessés ou affaiblis. Les galeries de ces scolytes sont réputées être autant de « porte d'entrée » à d'autres organismes saproxyliques (qui consomment le bois mort ou vivant). Les scolytes ont longtemps été considérés comme des "nuisibles". Pourtant, lors des années de sécheresse intense, parfois après une ou plusieurs vagues de défoliation par des insectes défoliateurs (également attirés par les hormones de stress émises par les arbres), les scolytes jouent un rôle majeur dans la résilience écologique de la forêt.

Si d'autres insectes ont d'abord défolié, éventuellement plusieurs années de suite, les arbres les plus fragiles ou incapables de diminuer leur évapotranspiration, bloquant simplement leur photosynthèse et leur croissance, les scolytes « appelés » par les hormones de stress de l'arbre vont, eux, le tuer si la sécheresse s'aggrave ou se prolonge. En contribuant à tuer les arbres qui sont en état de stress hydrique aigu, des scolytes tels que Dendroctonus ponderosae jouent paradoxalement un rôle très utile pour l'écosystème forestier, en supprimant l'évapotranspiration et la respiration de ces arbres (un arbre en été, en zone tempérée peut évaporer de 15 litres (bouleau) à 300 litre d'eau (saule) par jour, voire beaucoup plus si l'eau est disponible). Les scolytes limitent ainsi le pompage de l'eau dans le sol et la nappe superficielle par les arbres adultes, au profit des graines et des jeunes plants, tout en diminuant le risque d'incendie. Les scolytes accélèrent ensuite fortement la décomposition du bois mort (de résineux notamment) qui produira plus rapidement un humus forestier favorable à la pousse des futurs arbres et à une meilleure rétention de l'eau dans le sol.

Néanmoins, c'est surtout le risque phytosanitaire et la perte apparente de revenus que voit le sylviculteur ou le propriétaire forestier qui craignent toujours une pullulations d'insectes mangeurs de bois et/ou des champignons qui les accompagnent, pouvant engendrer une catastrophe plus étendue et plus dommageable que la tempête elle-même. Ces atteintes suivent souvent les périodes de forte sécheresse ou de sécheresses répétées, et elles peuvent accroître de 30 % les volumes d'arbres (morts ou mourants) renversés par les tempêtes qui suivront, et jusqu'à 50 voir localement 100 % si le vent est très violent.

Une espèce de scolyte ; Tomicus piniperda a un imago qui achève sa maturation en se nourrissant non pas dans l'écorce de l'arbre où il a effectué son développement larvaire mais dans la moelle des pousses de pins, en limitant l'efficacité de la régénération.

Après avoir éliminé les castors et drainé nombre de forêts, alors que le climat se réchauffe... en voulant limiter tous les incendies qui les menaçaient, on a favorisé la survie d'arbres qui partout pompent le peu d'eau qui reste dans le sol en période sèche, déshydratant tout l'écosystème, favorisant la concentration et la pullulation des scolytes attirés par les arbres déshydratés.

Des programmes d'incendies contrôlés sont encouragés au Canada (exemple) et localement obligatoires en Suède. Paradoxalement, la lutte contre les incendies a favorisé à la fois le scolyte et des incendies de plus en plus difficiles à maîtriser.

La monoculture intensive et équienne favorise aussi, au stade de forêt mature, le pompage maximal de l'eau du sol par des arbres dont les racines prospectent toutes à peu près la même hauteur de sol (alors que dans une forêts biodiversifiée et où les arbres sont de tous âges, toutes les couches du sol seraient prospectées). Cette configuration provoque la déshydratation de massifs entiers, et installe une situation très favorable aux pullulations et incendies difficiles à maîtriser, alors que la forêt jardinée, hétérogène et mélangée, gérée en bouquets (ex : méthode prosilva), favorise plutôt de petites pullulations brèves et des feux locaux bien plus faciles à maîtriser ou s'éteignant spontanément. Pire ; en éliminant le bois mort au motif qu'il est un support de pullulation de scolytes,

Moyens de lutte

La lutte contre les scolytes est délicate, d'abord du fait de leur mode de vie : ils passent en effet la plus grande part de leur vie sous l'écorce (où on lui connaît peu de prédateurs, hormis des bactéries ou acariens qui peuvent attaquer ses oeufs, ensuite parce qu'en les éliminant par des (insecticides), on permettrait aux arbres stressés de survivre, c'est à dire d'évapotranspirer plus longtemps, en continuant donc à épuiser la ressource en eau en temps de sécheresse (risque accru de maladies et de défoliation plus grave, mais aussi d'incendies aggravés).

Plusieurs modes de lutte sont possibles :

Quelques espèces de scolytes

 
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