En
Poitou-Charentes, l'ANPE affine son offre.
45 ans, après vingt-quatre
années passées dans une entreprise de peintures industrielles, Alain
Le Métayer a été licencié pour raisons économiques.
Un an et demi de chômage, puis des «petits boulots» .«Je
prenais tout. La cueillette des melons, le travail de nuit à la chaîne.
On dit que les vieux sont fatigués. Je soulevais les mêmes poids,
je courbais autant le dos que les jeunes de 20 ans. On dit que les vieux coûtent
cher. En intérim, mon salaire était bien inférieur à
celui des jeunes titulaires.»
Alain habite à Thouars, dans
les Deux-Sèvres. Un bassin d'emploi relativement préservé
du chômage (environ 5 %), mais où 20 % des demandeurs d'emploi ont
plus de 50 ans. Passé la cinquantaine, Alain a vu les opportunités
se raréfier. «Je continuais d'envoyer mon CV. Mon profil correspondait
aux offres. Mais, sur le CV, il y a l'âge...» En 2002, grâce
aux financements du projet européen Equal (lire ci-contre), l'ANPE Poitou-Charentes
lance le projet Atout' âge. «On a ciblé nos demandeurs d'emploi
de plus de 50 ans, et on leur a proposé un dispositif particulier»
, dit Laurent Soullard, ex-directeur de l'ANPE de Thouars. «Des entretiens
individuels, et des réunions où se retrouvaient les demandeurs d'emploi
quinquas , raconte Alain. Ça permet d'échanger des conseils. Quand
l'un trouve, ça donne de l'espoir aux autres.» En 2003, sur dix-neuf
bénéficiaires d'Atout' âge, dix-sept ont retrouvé un
emploi. Alain travaille au Relais, entreprise d'insertion partenaire de l'opération,
fabricant de palettes en bois. «Je n'ai pas hésité à
l'embaucher , dit Denis Lambert, le PDG . Les seniors sont toujours à l'heure,
jamais absents. Ils ont un savoir-être et un respect du travail qui devient
rare.»