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Aviculture: une chaudière fumier de volaille-bois testée en conditions réelles

Stercus, le chauffage par combustion à la ferme de litières de volailles, est installé depuis fin 2003 chez un producteur finistérien de poulets. Premières impressions...

Avant d'engager la commercialisation, la société Intertec a convenu avec les pouvoirs publics et les professionnels de tester son nouveau concept de chauffage des poulaillers. Il s'agit en effet d'utiliser les calories produites par la combustion conjointe de fumiers de volailles et de plaquettes de bois. Bien que les contrôles d'un cabinet d'études indépendant aient permis de vérifier en laboratoire que les émissions ne dépassaient pas le seuil réglementaire de gaz toxiques (notamment la dioxine), il a été demandé à Intertec de valider le procédé en situation réelle. Fin 2003 une chaudière et deux échangeurs de chaleur ont été installés chez un aviculteur finistérien. Afin de préserver sa tranquillité, celui-ci a tenu à rester anonyme. En attendant les contrôles officiels qui doivent être réalisés courant mai par l'Agence de l'Eau, l'installation a démarré et les premiers constats ont pu être réalisés.

Conformément aux attentes, l'équipement donne satisfaction. Les premières surprises sont venues de la qualité du bois, et non de la litière. « Nous avons reçu des plaquettes issues du recyclage de palettes en bois non conformes à nos exigences », explique Martin Schlosmacher d'Intertec qui s'est chargé de l'installation (avec Matavicol22) et fournit aussi le bois. « Il nous faut du bois de classe A, c'est-à-dire sans résidus toxiques (type peinture ou vernis) et sans grands morceaux (pas plus de 5 cm de long pour 1,5 cm de large). » Malgré un tri, il est inévitable de trouver des corps étrangers dans la litière ou les plaquettes (cailloux, vis, clous…).

Des désagréments liés à la qualité du bois
Ces possibles désagréments vont conduire Intertec à modifier le pas de la vis d'Archimède, et la dimension des conduits acheminant le combustible. L'automatisation de l'évacuation des cendres (le décendrage est, lui, automatique), non installée dans l'élevage, va s'accompagner d'une modification du cendrier pour permettre une meilleure collecte des corps étrangers. Enfin l'armoire de commande électrique manque de sélectivité. Elle va être améliorée pour éviter qu'un petit souci sur un moteur ne se solde par l'arrêt complet de la chaudière. Pour l'instant l'éleveur y remédie en arrêtant la chaudière la nuit.

Côté chauffage, l'éleveur utilise deux échangeurs dans un bâtiment statique de 1500 mètres carrés, en complément de ses 26 radiants de 5600 watts fonctionnant au gaz de ville. La première bande testée n'étant pas terminée au moment de la visite, il lui était difficile de faire un premier bilan chiffré. D'autant que les consommations de gaz ne peuvent pas être mesurées. Mais elles ont baissé du fait d'une réduction importante du régime des radiants dès la deuxième semaine d'élevage. « Nous avons été agréablement surpris. Plus chaud de 35 °C environ, l'air extérieur filtré est aussi plus sec. » Moins de 10 % d'hygrométrie selon Intertec.




L'éleveur n'envisage pas de supprimer les radiants, mais à terme d'installer un échangeur dans chacun de ses 3 poulaillers. « Sous notre climat océanique, deux échangeurs de 55 kilowatts sont trop importants en complément au gaz. Il faudra revoir leur puissance. » La chaudière a été dimensionnée pour fournir 150 kilowatts, correspondant aux besoins complémentaires d'au moins deux poulaillers de 1200 mètres carrés. Une telle chaudière pourra brûler environ 400 tonnes de fumier de copeaux à 70 % de matière sèche et 250 tonnes de bois. Bénéficiant d'une calorie à bas prix, l'éleveur estime aussi qu'il n'hésitera pas à chauffer, ce qui devrait se concrétiser par une amélioration de la santé des animaux et de meilleurs résultats techniques.

Réflexion en cours sur un séchoir en complément
Après les contrôles de rejets, il faudra attendre la validation officielle pour que les 70 demandes de chaudières en cours puissent vraiment se concrétiser. Ceci devrait aussi déboucher sur l'octroi de subventions liées à la résorption, soit 30 % de l'Agence de l'Eau et des aides complémentaires du même ordre de grandeur. Pour les élevages importants qui risquent de se retrouver encore avec un excédent après combustion, Intertec réfléchit à la mise au point d'un séchoir. Il s'agirait de sécher les fumiers pour réduire les volumes de stockage, ou pour augmenter le pouvoir calorifique des produits à brûler, donc augmenter la puissance de la chaudière. Et sur certaines installations, il n'est pas non plus exclus de monter un groupe de froid pour envoyer de l'air rafraîchi.




Source:
pleinchamp.com
Pascal Le Douarin



 

 

 
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