“ Le Chemin des ateliers ” est ouvert jusqu'à ce soir.
Histoire de rencontrer peintres, sculpteurs et plasticiens. Histoire de causer d'art.

Il et elle, lui, ce n'est pas moi, mais ça lui ressemble. Blottis dans une maison retirée, rue des Coteaux, ils donnent dans le bois. Il sculpte, elle assemble et peint. Chacun de son côté. Mais ils ouvrent la porte de leur domaine réservé, dans le cadre de l'opération « Le Chemin des ateliers » qui va s'achever ce soir. « C'est une autre manière de rencontrer les gens, expliquent-ils tous les deux. Une exposition, c'est assez froid, on n'a pas tellement de temps à consacrer à chacun. Ici, ils voient où on vit, comment on crée, ce qui nous inspire. »
Gilles a commencé la sculpture il y a une quinzaine d'années. « C'était aux beaux-arts à Poitiers. On partait d'un bloc, sans savoir vraiment où on allait et puis cela prenait forme au fil du temps. » La pierre ne lui plaisait pas trop. « Je ne sais pas pourquoi, mais c'est un matériau que je n'aimais pas travailler. » Alors il se lance dans l'assemblage.
La voie
est tracée
Pour commencer ce sont uniquement des traverses de chemin de fer. « Mais on m'a dit que ce n'était pas sain, parce qu'elles étaient traitées avec différents produits. » Gilles quitte les rails pour les bords de plage du côté de Port-des-Barques. Il laisse l'océan ondoyer à son aise et récupère ce que les vagues rejettent. Du bois, toujours du bois pour construire un océan de rêve. « Je ramasse des palettes, en respecte la forme, l'origine, la vie et je les cuis au chalumeau. »
Adèle donne aussi dans la récupération. Sur les mêmes rivages. Du bois aussi, mais également du plastique, du matériel ayant appartenu à des ostréiculteurs. Une vie avant la vie, parce qu'elle leur redonne une âme à travers des visages. « Je regarde les morceaux et je me laisse aller. Je dessine surtout des visages, seuls ou dans la foule. J'y ajoute une note de peinture. »
Son père était plasticien et toute petite elle a couru dans les couloirs des beaux-arts avant d'affronter la plage. « J'ai toujours dessiné, collé, différentes choses, peint, gratté, avant d'en remettre une couche. »
Cela donne des gueules de bois jolies à voir et qui ne font pas mal à la tête. Juste le temps d'un regard vers la mer ou vers soi. Comme on veut. Il suffit de passer.