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2009-03-10 L'accès à la forêt landaise en partie rouvert (par Marc Ollivier)

La forêt d'Ousse-Suzan dans les Landes a été ravagée par la tempête Klaus le 24 février.
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Mais, faute d'acheteurs, le bois de la tempête du 24 janvier n'est pas évacué. À terme, il pourrait constituerun risque d'incendie redoutable.

On appelle ça une « abatteuse » : un engin façon caterpillar monté sur six grosses roues et doté d'un bras qui fonctionne comme une pince à sucre. À l'ouvrage ce jeudi matin sur le chemin du Tailleur, à Ousse-Suzan, il fait la démonstration de son impressionnante efficacité. Les pins qui obstruent le passage sont saisis par la pince. Puis ébranchés et sectionnés en billes de 2,50 m. L'opération, dans des gerbes de sciure, ne dure qu'une poignée de secondes. « C'est rapide et, surtout, on ne court aucun danger », témoigne Carlos Da Silva, bien à l'abri dans sa cabine.

Des abatteuses, il y en a 250 dans le département des Landes. Dès le lendemain de la tempête du 24 janvier, elles sont entrées en action pour dégager les chemins qui permettent de pénétrer dans le massif. Pourquoi une telle urgence ? « Au printemps, il existe un risque important d'incendie à cause des fougères sèches de l'année précédente. En plus, on a souvent du vent », explique Benoit Bodennec, directeur de la DFCI (Défense de la forêt contre les incendies) des Landes.

2 euros le mètre cube

Sans chemin pour accéder au plus près d'un départ de feu ou pour s'alimenter à un point d'eau, la pinède est particulièrement vulnérable. Dans un premier temps, l'effort a été porté sur les pistes principales.

Elles sont aujourd'hui presque toutes rétablies. Les entreprises de travaux forestiers s'attaquent maintenant au réseau secondaire. « Cela prendra encore quelques mois. Mais déjà, sur 22 000 km de chemins, 8 000 km sont rouverts », détaille Benoit Bodennec.

La question des pistes en passe d'être réglée, demeure le principal problème : que faire du bois, de ces millions de tonnes de résineux qui encombrent la moitié de la forêt landaise et vont constituer, à terme, un redoutable combustible ?

Ousse-Sujan fait partie des communes les plus sinistrées. La tempête a ravagé 80 % de ses 2 365 hectares de forêt. « Beaucoup d'arbres ont perdu toute valeur. Notamment ceux qui sont cassés par le milieu, que nous appelons les «volis», commente Michel Darrigade, président du syndical local affilié à la DFCI et lui-même propriétaire.

Pour bien faire mesurer l'étendue des dégâts, il vous emmène au lieu-dit Périchan. Ici, la pinède ressemble à un champ de bataille après une explosion. À terre, un enchevêtrement de troncs, de branchages et de souches retournées. Dire que, l'été dernier, c'était un sentier ombreux que fréquentaient les randonneurs à cheval !

Après la tempête de 1999, le bois avait trouvé preneur, notamment grâce au marché espagnol. Mais cette fois, la crise mondiale rend bien aléatoires les possibilités d'exporter. Quant au marché français ¯ pâte à papier, menuiserie, palettes ou coffrage pour le bâtiment ¯ il était déjà déprimé avant la catastrophe.

Michel Darrigade évoque le venue d'acheteurs espagnols, allemands, belges et autrichiens proposant des tarifs de misère. « Des propriétaires ont accepté de vendre à 2 euros le mètre cube. Moi, à ce prix-là, je préfère le laisser pourrir sur place », prévient-il. Un message en forme d'avertissement qu'il n'est pas le seul à adresser aux pouvoirs publics. Les sylviculteurs veulent davantage d'aide de l'État qui a promis 415 millions d'euros pour le nettoyage et le reboisement. Mais rien pour dédommager les pertes d'exploitation. Or, quasiment aucun propriétaire n'était assuré. Et le temps travaille contre eux : après quelques mois à terre, le bois bleuit et doit être déclassé
 

     
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