Le stockage du bois par arrosage pour faire face
Michel Laval : « On vit sur un trésor de guerre, mais ça ne durera pas
longtemps.»
Après la tempête de décembre 1999, la scierie Hostein et Laval,
aujourd'hui implantée sur les communes de Listrac et Avensan, avait
opté pour la solution du stockage de bois par arrosage (lire
ci-dessus).
Dans la durée, ce procédé permet une bonne conservation du bois. Et
jusqu'en 2007, profitant d'un marché plutôt dynamique, cette
entreprise familiale, qui emploie 30 salariés, avait pu
progressivement écouler les stocks accumulés tout en renouvelant ses
achats de matière première.
Aujourd'hui, après la tempête Klaus, et dans un contexte de criseéconomique, Michel Laval, le patron de cette scierie, envisage de
renouveler l'opération sur son site de production d'Avensan.
Les bonnes années
En 1999, l'entrepreneur réalise l'aménagement d'un espace pouvant
accueillir un stock de 40 000 tonnes de bois. Le terrain, trois
hectares, est relié à un petit étang par des pompes. Le système permet
d'assurer l'arrosage continu, et fonctionne en autonomie.
Dès 2005, le site est débarrassé de ses « billots » d'après 1999. Le
chef d'entreprise reconnaît un cycle d'activité faste. « 2007 a été
une année phénoménale. Les camions des Espagnols attendaient à
l'entrée de la scierie pour charger le bois préparé » se souvient-il.
C'est d'ailleurs à cette époque que Michel Laval ouvre sa deuxième
scierie. Celle qui est aujourd'hui implantée à Avensan.
Un investissement de trois millions d'euros. La scierie Hostein et
Laval se spécialise dans le bois d'emballage. Des planchettes qui sont
essentiellement utilisées pour fabriquer des palettes.
Le marché est porteur. Tout va pour le mieux. Le chiffre d'affaire de
l'entreprise dépasse les cinq millions d'euros.
Baisse brutale
À partir d'août 2008, la crise économique se précise. Et la filière
bois s'essouffle. L'entreprise médocaine stoppe l'activité de la
scierie de Listrac, pour ne plus faire fonctionner que celle
d'Avensan.
Au niveau du personnel, Michel Laval est contraint « d'arrêter les
intérimaires ». À court terme, si l'activité devait encore continuer
de baisser, « déjà moins 30 à 40 % », le personnel titulaire pourrait
perdre ses heures supplémentaires, pour ne se limiter qu'aux 35
heures, reconnaît le patron, qui a encore cette marge.
Pour illustrer la situation de l'entreprise, Michel Laval fait le tour
de son stock de planchettes. Les lots s'empilent. Les camions
espagnols ne sont plus là...
À plus grande échelle, c'est toute l'activité industrielle qui est
touchée. Les palettes des scieries trinquent. Malgré une situationéconomique préoccupante, Michel Laval se veut optimiste. « Il y aura
bien une reprise ! » lâche le chef d'entreprise.
Le projet du stockage
Alors pour faire face, il a décidé d'aménager un nouveau dépôt pour
stocker le bois sur le principe de l'arrosage.
À proximité de sa scierie, il doit encore acquérir un terrain de 7
hectares. Sa capacité d'accueil et de traitement serait de 400 000
tonnes !
Mais avant de se lancer dans le projet, il espère que le soutien de
l'État à la filière bois va se préciser. « Dans ce contexte, on ne
peut investir que si nous avons des aides. On ne pourra pas faire sans».
Et Michel Laval sait que son « trésor de guerre » ne lui permettra pas
de tenir indéfiniment.