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2009-01-28 La filière bois tournait déjà au ralenti avant d'être brisée par Klaus (Laetitia Clavreul)
AFP/PATRICK BERNARD
Selon l'Office national des forêts, la tempête Klaus qui a frappé le sud-ouest de la France les 24 et 25 janvier 2009, devrait se traduire par une perte de quatre ans de récolte pour la filière bois.Comme en 1999, mais avec des conséquences économiques plus graves. Voilà le verdict des professionnels forestiers, au lendemain du passage de la tempête Klaus dans le sud-ouest de la France. Les dégâts sont en cours d'évaluation, mais ils s'inquiètent du manque de perspectives de la filière du bois, déjà touchée par la crise que subit le secteur de la construction. Selon l'Office national des forêts, le bilan devrait être similaire à celui d'il y a neuf ans, soit une perte de quatre ans de récolte. Mais le contexte n'a rien à voir, car le marché de la construction espagnol, alors en plein boom, n'est plus là pour absorber les surplus. "Les carnets de commande sont vides, les stocks étaient importants avant même la tempête. En bref, personne ne va vouloir de ce bois", résume Eric Toppan, économiste de la fédération Forestiers privés de France. "Les transformateurs, fabricants de palettes ou de planches par exemple, ont du mal à vendre depuis dix mois", raconte Michel Bazin, directeur d'Argefo, une société de gestion de propriétés forestières. Ici ou là en Aquitaine, dont la filière bois est l'un des moteurs économiques, des plans sociaux et des mesures de chômage partiel étaient déjà annoncés dans des scieries ou des usines de pâte à papier. L'amont était aussi touché. Les propriétaires forestiers vendaient moins, et moins bien. Si les cours du bois s'étaient rapprochés, à partir de 2007, de ceux d'avant la tempête de 1999, depuis six mois, ils étaient repartis à la baisse. Lundi et mardi, les sociétés forestières étaient plutôt occupées à aider au dégagement des routes et des réseaux. Elles devraient par la suite s'atteler à un bilan qualitatif des dégâts. "Les bois éclatés auront pour destination la pâte à papier ou l'énergie. Ceux qui seront récupérables pourront servir pour les planches ou les charpentes", explique Luc Bouvarel, le directeur de Forêts privées de France. Les bois destinés à la première catégorie sont, bien entendu, moins bien valorisés, mais les autres ne sont pas sûrs de trouver preneur. Le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, qui doit réunir la filière mardi 27 janvier, a déjà annoncé le lancement d'un "plan global" pour valoriser la forêt. Les détails n'en sont pas connus, mais il devrait mettre l'accent sur le bois comme source d'énergie. Là où il y a des besoins. "C'est toujours intéressant de dégager de nouveaux débouchés, mais vu l'afflux, il n'est pas sûr que le bois-énergie soit rentable pour les sylviculteurs", estime M. Bazin. Les 13 millions d'hectares de la forêt française sont détenus à 75 % par des propriétaires privés (3,5 millions au total), et même à près de 90 % dans le Sud-Ouest. Après 1999, ces particuliers, souvent peu assurés, avaient dû déjà réinvestir dans leurs forêts. Rien ne dit qu'après cette deuxième catastrophe en moins de dix ans, tous soient de nouveau partants, vu le temps qu'il faut pour pouvoir exploiter un arbre. |