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| 06-05-26 A la scierie Verstraete : des licenciements incontournables La scierie Verstraete, qui doit quitter dans les prochains mois le quartier de l’ancien port d’Eu pour s’implanter sur la zone de Gros-Jacques, doit limiter ses ambitions. Le cours du bois au plus bas a en effet été la source de pertes financières jugées phénoménales. La présentation du bilan par le comptable a fait l’effet d’une véritable douche froide pour la direction de la scierie Verstraete. Cette famille qui a développé sur le site de l’ancienne fabrique de bois à galoche une scierie très moderne et performante ne s’attendait pas à ce coup de massue: Les pertes pour l’année 2005 ont en effet doublé par rapport à l’année 2004 qui avait été difficile. Une restructuration s’impose au plus vite, compte-tenu des cours du bois qui sont au plus bas. Laurent Boudin ne cache pas son amertume, alors que cette entreprise qui a toujours conservé un esprit familial a su se forger une solide réputation et ne manque pas de travail: “Le problème provient de la rentabilité”, explique le gendre de M. Verstraete. Sur les 19 salariés, 17 et deux intérimaires, la direction prévoit de se séparer de 9 personnes, représentant donc la moitié du personnel. Le chef d’entreprise est sensible à l’attitude responsable de l’ensemble du personnel qui subit avec la plus grande dignité cette situation très difficile. “Nous subissons la même chose que pour le textile, tout le monde part à l’étranger”, ajoute M. Boudin qui constate que l’entreprise eudoise est une des seules à résister dans le domaine du bois. En cinq ans, le chiffre d’affaires a baissé de 35 % “Ce qui nous plombe, c’est la palette qui reste au même prix depuis dix ans. Les grosses scieries de feuillus ont déposé le bilan les unes après les autres”. L’entreprise Verstraete ne souhaite pas en arriver là et c’est pourquoi elle a opté pour une réactivité rapide: certains secteurs comme la palette et le débit pour le meuble sont dès à présent abandonnés et l’installation sur la zone industrielle de Gros-Jacques ne se fera que sur 4,5 hectares au lieu des 6,5 hectares prévus. Du matériel a été décommandé afin de monter un projet plus petit, axé en priorité sur le bois pour le bâtiment et le bricolage. L’entreprise n’avait en outre évidemment pas pu prévoir la chute des cours du bois entraînés par la tempête de 1999, les achats habituels d’avant cette période étant d’autant plus lourds à supporter. La scierie Verstraete est particulièrement sensible devant l’attitude du personnel qui affiche sa compréhension, même si les lendemains vont être douloureux pour des personnes qui malgré plus de trente ans de maison, devraient se retrouver sur la liste des licenciés. “Nous conservons les machines destinées au bois pour
le meuble et gardons l’ensemble de l’outil de production”,
précise Laurent Boudin, souhaitant un retournement de situation
alors que la proximité sera un atout face à la carte
des scieries qui se fait de plus en plus désertique.
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