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Une commune de Loire-Atlantique fait abattre 84 arbres
L'offensive du capricorne asiatique

L'abattage, puis le feu, sont les seules solutions actuelles pour éliminer les larves.
Ci contre : un capricorne asiatique adulte.

Sainte-Anne-sur-Brivet (Loire- Atlantique) a dû se résoudre à faire abattre quatre-vingt-quatre érables, peupliers et bouleaux minés par un véritable « ravageur ». Il s'agit du capricorne asiatique, un coléoptère arrivé dans notre région dans des palettes de granit importé de Chine. La bestiole prolifère et ses larves se repaissent des arbres à bois tendre.
Le calvaire, face à l'église, est désormais nu. Privé de ses érables, coupés au ras du tronc. Un peu plus loin, la petite aire de pique-niques a perdu frondaisons et ombre. Même le vieux marronnier de l'école a été abattu. « Ça ne fait pas plaisir, se désole Jacques Guinée, le maire. On a une jolie commune qui plaît bien. On est attristé. Mais on est obligé de le faire. »

Depuis quelques jours, Sainte-Anne-sur-Brivet - 2 100 habitants, en Loire-Atlantique - résonne du hurlement des tronçonneuses. D'ici à la fin de la semaine prochaine, elles auront débité quatre-vingt-quatre arbres à bois tendre, des érables, bouleaux, peupliers, dont certains ont une bonne quarantaine d'années. Tout cela à cause d'un « ravageur », le capricorne asiatique, qui prolifère habituellement en Chine, Japon et Corée. Il serait arrivé, dès 1999 à Sainte-Anne-sur-Brivet dans des palettes de bois conditionnant des pavés de granit importés de Chine.

Ce coléoptère, plus petit que son collègue européen, porte des stries noires et blanches sur les ailes et les antennes. Ses larves s'enfoncent dans les bois tendres et y prospèrent pendant un an ou deux. Devenues adultes, elles en sortent, laissant dans les troncs ou les branches des trous de 10 à 13 millimètres. En quelques années, l'arbre est exsangue.

« Ce type de population connaît une explosion dans la mesure où elle est exogène, et donc n'a pas sous nos cieux de prédateurs naturels attitrés. On peut faire l'analogie avec la jussie ou le ragondin », constate Marc Pondaven, de la Fédération de Loire-Atlantique des groupements de défense contre les organismes nuisibles. Depuis 1996, Central Park à New York lutte contre une invasion du même type et a dû faire le deuil de centaines d'arbres. En France, la commune de Gien, dans le Loiret, se débat aussi avec le « ravageur » asiatique. On cite des cas en Allemagne et en Autriche.

Qui paiera la facture ?

Pour l'heure, pas d'autre solution que de couper les arbres infestés et de les brûler. L'insecticide est inopérant sur les larves. Et la lutte biologique ? « La stratégie ne sera pas au point avant une dizaine d'années. Il faut trouver un ennemi naturel du capricorne asiatique, en Extrême-Orient ou ici, en Europe », précise Franck Hérard, du Laboratoire européen de contrôle biologique à Saint-Gély dans l'Hérault. En attendant, pour limiter les risques, le scientifique préconise de « visiter toutes les zones où sont entreposés des matériaux importés de Chine ».

Les arbres de Sainte-Anne-sur-Brivet vont rester sous surveillance pendant au moins quatre ans. Et ça coûte cher ! Près de 50 000 € rien que pour la campagne d'abattage en cours. Les conseils régional et général paieront la moitié de cette facture. « Ce n'est pas un souci communal, mais national, s'agace le maire. On fait preuve de solidarité envers le pays pour enrayer cette infestation qui pourrait, à terme, menacer d'autres zones. Ce n'est pas logique d'avoir à subir seul ou presque les frais. »

SOURCE:
Marc PENNEC.
Ouest-France du lundi 11 octobre 2004

 

 

 

 

 
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